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Juillet 2014 - Anne Mounic
Anne Mounic

Juillet 2014

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Anne Mounic, Feu. Huile sur toile.

En cette période de commémoration de la Grande Guerre, je propose une traduction de deux poèmes de Wilfred Owen, poèmes qui, me semble-t-il, doivent être lus ensemble. On trouvera un commentaire de ces vers dans le prochain numéro de Peut-être, n° 6, à paraître en janvier 2015. L’édition de référence pour l’œuvre de Wilfred Owen est la suivante : The Poems of Wilfred Owen. Edited by Jon Stallworthy. London : Chatto & Windus, 2004. « Anthem for Doomed Youth » se trouve page 76 et « The Parable of the Old Man and the Young », page 151. Le premier poème fut écrit en septembre-octobre 1917 et le second, en juillet 1918, probablement.

***

Anthem for Doomed Youth

What passing-bells for these who die as cattle ?
‒ Only the monstrous anger of the guns.
Only the stuttering rifles’ rapid rattle
Can patter out their hasty orisons.
No mockeries now for them ; no prayers nor bells ;
Nor any voice of mourning save the choirs, ‒
The shrill, demented choirs of wailing shells ;
And bugles calling for them from sad shires.

What candles may be held to speed them all ?
Not in the hands of boys but in their eyes
Shall shine the holy glimmers of goodbyes.
The pallor of girls’ brows shall be their pall ;
Their flowers the tenderness of patient minds,
And each slow dusk a drawing-down of blinds.
Hymne pour jeunesse condamnée

*

Quels glas pour ceux qui meurent comme bétail ?
‒ Seule la monstrueuse colère de la mitraille.
Seule la rapidité de crécelle des fusils qui
[bégaient
Peut tambourinant effacer la précipitation de
[leurs horizons.
Qu’on ne se moque pas d’eux désormais ; ni
[prières ni glas ;
Aucune voix de deuil non plus à part ces
[chœurs, ‒
Les chœurs stridents, déments, des obus
[plaintifs ;
Et les clairons qui sonnent pour eux dans les
[tristes comtés.

Quels cierges tenir pour veiller sur eux tous ?
Ce n’est pas dans les mains des jeunes gens,
[mais dans leurs yeux
Que brilleront les saintes lueurs des adieux.
La pâleur du front des filles leur servira de
[drap mortuaire ;
Leurs fleurs, la tendresse des esprits patients,
Et chaque lent crépuscule tire ses rideaux selon
[la coutume du deuil.

***

The Parable of the Old Man and the Young

So Abram rose, and clave the wood, and went,
And took the fire with him, and a knife.
And as they sojourned both of them together,
Isaac the first-born spake and said, My Father,
Behold the preparations, fire and iron,
But where the lamb, for this burnt-offering ?
Then Abram bound the youth with belts and
[straps,
And builded parapets and trenches there,
And stretchèd forth the knife to slay his son.
When lo ! an Angel called him out of heaven,
Saying, Lay not thy hand upon the lad,
Neither do anything to him, thy son.
Behold ! Caught in a thicket by its horns,
A Ram. Offer the Ram of Pride instead.

But the old man would not so, but slew his son,
And half the seed of Europe, one by one.
La parabole du vieil homme et du jeune

*

Ainsi Abram se leva, fendit le bois et s’en alla,
Prit avec lui le feu, un couteau,
Et comme ils séjournaient tous deux ensemble,
Isaac le premier né parla et dit, Mon père,
Regarde ces préparations, fer et feu,
Mais où ce trouve l’agneau pour cet holocauste ?
Alors Abram lia le garçon avec ceintures et
[sangles,
Edifia là parapets et tranchées,
Et tira son couteau pour tuer son fils.
Quand alors un Ange venu du ciel l’appela,
Disant : Ne porte pas la main sur ce garçon,
Et épargne-le, ton fils.
Et voici, pris par les cornes dans un buisson,
Un bélier. Offre à la place ce bélier d’orgueil.

Mais le vieil homme ne l’entendait pas ainsi et
[tua son fils,
Ainsi que toute la semence de l’Europe, un par
[un.


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