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Automne 2012 - Printemps 2013 - Anne Mounic
Anne Mounic
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Automne 2012 - Printemps 2013

L’inerte ou l’exquis ou Le lent pétrissage de la durée. Colomiers : Encres Vives, 2013.

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Arrêt sur image... Je voudrais prendre au mot le titre de cette collection et, non seulement mêler l’image à mon propos, mais aussi répondre à la généreuse proposition qui m’est faite par Michel Cosem en m’arrêtant afin de faire le point sur le travail accompli ‒ non pas me retourner pour contempler passivement le passé, mais tenter de mettre en évidence ce qui me porte à œuvrer. Je perçois en effet davantage désormais ce qui me paraît composer l’unité des diverses directions prises par ma recherche, poétique, narrative, critique, et picturale. Il s’agit pour moi de creuser, par-delà l’adhérence à l’immédiat, le puits de l’instant de sorte à en manifester la splendeur, ou le tourment, existentiels, afin que ce moment présent, ainsi articulé entre passé et avenir, s’inscrive avec vigueur dans le devenir. (p. 1)

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Anne Mounic, Petite pétrisseuse d’Egypte. Rome, juillet 2012.

L’Esprit du récit ou La chair du devenir : Ethique et création littéraire. Paris : Honoré Champion, 2013.

Lire la recension de Hugues Azérad dans French Studies (2014) 68 (2) : 280-281.

http://fs.oxfordjournals.org/content/68/2/280.extract

L’ESPRIT DU RÉCIT OU LA CHAIR DU DEVENIR
Éthique et création littéraire

L’esprit du récit, modelant le temps, assure la continuité de l’être ainsi que son au-delà au sein du devenir et de la communauté. A travers l’étude d’œuvres diverses, de Shakespeare à Albert Camus, Claude Vigée et Juan Gelman, en passant par Milton, Blake, Melville (Billy Budd), Emily Dickinson, Kafka, Marguerite Audoux, Etty Hillesum, Hélène Berr, ou bien Borchert, sans négliger l’œuvre artistique, à travers les dessins d’Henry Moore, l’auteur de cet ouvrage se propose de mettre en valeur la façon dont la voix singulière, grâce au conte et à ses figures, tisse ses modulations dans la durée et, donnant chair à ses métamorphoses, fait, grâce à l’empathie que suscite l’œuvre, l’apprentissage de la liberté et de l’Ouvert dans la communion du Je et du Tu.

http://www.honorechampion.com/cgi/run?wwfrset+3+549017400+1+2+cccdegtl1+N+1+19045366

Le lecteur verra dans ce livre se dérouler sous divers aspects l’esprit du conte. Diverses facettes du singulier vont se déployer. Je n’entends pas développer un abord érudit sur chaque auteur abordé, mais plutôt mettre en relief ce qui me paraît, sous le nom d’esprit du récit, être la pensée de l’œuvre artistique ou littéraire, œuvre qui ne cherche pas à enseigner comme le dit Benjamin Fondane dans « L’homme devant l’histoire ou le bruit et la fureur », mais qui n’en offre pas moins une vision incarnée de l’être, et une réflexion sur lui, qui se renouvelle à travers les âges dans la continuité de la parole et de la voix, qui est espérance. Je voudrais montrer que les poètes, en leur « foi expérimentale », selon le mot de Proust, pensent.

(Extrait de l’Introduction.)

La caresse du vertige. Paris : Caractères, 2012.

Nous prenons la route au pays des nuées,
pays des fées –
 
montagne-nuage
au rythme de complétude et d’infini du vide et du plein.
 
La nuée pianote sur le roc,
pour l’équilibre en nous de la parole,
qui sur le gouffre sait se montrer si véloce.
 
Là-haut, loin des impositions de l’univers,
nous avons séjourné quelque temps hors du temps,
en suspens sur l’instant,
une nacelle de lumière.
 
Il est une spirale du vertige, oui,
Distillant, amère, la séduction du gouffre,
Et nous portons à faux sur le moment inouï
 
De la faille béante et du néant qui souffre
Au revers du singulier qui, lui, se confond
Avec le précieux miracle. Lorsque le gouffre
 
En nous s’insinue et de par sa conversion
Se fait, dans l’âme unique à l’instant vif, vertige,
Le parfait équilibre de si près tenons
 
De la main qui vibre et l’éternité qui fige
Qu’en nous se dénoue le bienheureux mouvement
D’une spirale en contrepoint, volute et tige,
 
Qui de l’effroi tire caresse du vertige –
 
Tout ceci n’aura qu’une incidence très restreinte
sur le lent déploiement de notre absence
au monde et à nous-mêmes,
 
absence communément dénommée
éternité.
 
Nous, nous animons de notre ardeur la flamme de l’instant
et nous réchauffons les uns les autres par bonds,
échos et infinies résonances.
 
Ce que nous permet le devenir.
 
Constamment nous inversons la prégnante spirale de l’abîme –
 
montagne-nuage du singulier sondant sans cesse l’absurde
de sa condition,
son absence de justification,
puisqu’il est issu du hasard,
cette sempiternelle, opiniâtre, intrépide énergie du vide.

Le vendredi 20 août,
de Peyresq à Paray-le-Monial.

***

Une aiguillée pour l’infini. Colomiers : Encres Vives, 2012.

une aiguillée pour l’infini
 
La joie, cet étirement du plaisir de vivre,
malgré les obstacles, parfois ébranlés,
ouvre au sein du devenir une trouée ‒
une aiguillée
pour l’infini.
 
Il existe
parfois des failles dans le fond
de négation qui cerne une vie
par essence démunie.
 
De brefs éclairs
zèbrent soudain la nuit,
secouant la torpeur de l’attente,
ranimant le feu
au foyer de l’âme.

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Guy Braun | | Temporel.fr