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Décembre 2017 - Anne Mounic
Anne Mounic

Décembre 2017

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Tulipes. Gouache, 2017.

Des poèmes pour finir l’année... Ils sont extrait de Tout l’à-propos de ces merveilles, paru chez Encres Vives en février 2017.

*

*

*

durée dans la corolle d’un instant

Le fleuve lent et lisse porte aussi sur son dos d’azur
la patience que l’on marque parfois à l’égard
des autres – patience active et réciproque.
La récompense ?
Une efflorescence créant dans l’acte
une communauté de mutuelle reconnaissance.
Cet effort se blottit dans la maturation d’un été
de chaude présence.
Le temps lentement se modèle
dans la pâte de notre bienveillance partagée, nous
qui par notre réflexion recousons la durée dans la corolle
d’un instant fouillant l’avenir, noué à son passé.

La pensée ondule à la façon des blés mûrs au début
de juillet, épis d’ocre très pâle percé de tendres coquelicots,
chair de notre terre à vif,
frêle et dansante.

*

ce mot à mot patient de l’intime

Cousu bouche,
pour une intégrité
que modèle la parole,
cousu langue,
pour l’au-delà
que féconde le récit.

L’histoire singulière,
ce mot à mot patient de l’intime,
transcende le tumulte des pouvoirs, les limites
qu’imposent la cruauté et le jugement.

Nous nous souviendrons
de ce ciel resplendissant d’aujourd’hui,
du pétillement de l’été dans l’esprit et les feuillages,
de cette continuité du lieu dans l’être,
de ce lien au cœur aimant de la subjectivité,
à l’instant de dire la vie.

*

jours de lumière

Septembre – nous nous tenons en équilibre
entre les derniers rayons du soleil, les tissant,
les nouant sur nos épaules afin de nous vêtir
encore des tenues légères de l’été
tant regretté...

Eté de la liberté, des splendeurs et des enchantements,
été des couleurs franches, gorgées
de vie et de bonheur.
Les minutes
se dispensent généreusement sans butées
de contrainte, sans obstacles aux échappées,
sans réserve.
On se blottit
dans la chaleur, tout délesté des pesanteurs,
lié seulement à la source qui, au fond de soi,
irrigue la belle éclosion des jours de lumière –

alliance féconde du feu et de l’eau.

*

utopie qui respire

La paix vaste et féconde, synonyme
de plénitude, s’atteint sur l’axe vertical
de l’utopie qui respire, puisant
comme un arbre en nous son souffle,
sa sève, tandis que s’étire
le fleuve, lisse sous le soleil
et apprivoisant le ciel sur le défi
de sa lenteur.
Durant les dernières journées
de l’été, il faut savoir rassembler
les raisons cachées de la joie –
l’infatigable énergie où s’enracine
l’arbre du souffle.

Anne Mounic, Tout l’à-propos de ces merveilles. Colomiers : Encres Vives, 2017, pp. 9-10.

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Nu aux tulipes. Gouache, 2017.


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